En 2026, plus de 38 millions de compteurs Linky sont installés en France, soit plus de 97 % des foyers, selon Enedis. Pour la quasi-totalité des propriétaires qui souhaitent installer des panneaux solaires, la question se pose naturellement : est-ce que le Linky est compatible avec le photovoltaïque ? Est-il obligatoire ? Et surtout, comment ça fonctionne concrètement une fois les panneaux posés ?
La réponse courte : oui, le compteur Linky est obligatoire pour toute installation photovoltaïque raccordée au réseau, que vous choisissiez l’autoconsommation avec vente du surplus ou la vente totale de votre production. Et loin d’être un obstacle, il est devenu un allié indispensable pour suivre sa production, optimiser son autoconsommation et percevoir les revenus liés à la revente de l’électricité.
Cet article explique tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement du compteur Linky avec des panneaux solaires en 2026. Pour aller plus loin sur votre projet, vous pouvez poser vos questions à l’assistant solaire VOLT à tout moment.
Le compteur Linky est ce qu’on appelle un compteur communicant. Contrairement aux anciens modèles, il mesure non seulement ce que vous consommez depuis le réseau, mais aussi ce que vous injectez dedans. C’est précisément cette capacité bidirectionnelle qui le rend indispensable dès que vous produisez de l’électricité solaire.
Techniquement, le Linky utilise la technologie CPL (Courant Porteur en Ligne) pour transmettre automatiquement les données à Enedis, sans intervention d’un technicien. Il dispose de deux index distincts : un pour la consommation soutirée du réseau, et un pour l’injection (le surplus que vous renvoyez).
C’est cet index d’injection qui permet à EDF Obligation d’Achat (EDF OA) de calculer précisément la quantité d’électricité que vous avez revendue et de vous rémunérer en conséquence. Sans Linky, ce calcul est impossible. C’est pourquoi Enedis l’installe gratuitement dans le cadre d’un projet photovoltaïque, même si vous n’en avez pas encore.
Pas systématiquement. Si vous installez des panneaux en autoconsommation totale sans injection, c’est-à-dire que vous consommez tout ce que vous produisez sans jamais renvoyer d’électricité sur le réseau, vous devez simplement signer une Convention d’Autoconsommation Sans Injection (CACSI) avec Enedis. Dans ce cas, un compteur électronique classique suffit. C’est le cas typique des très petites installations et des panneaux plug-and-play.
En revanche, dès que votre installation génère un surplus susceptible d’être injecté, le Linky devient obligatoire. C’est la situation de la grande majorité des installations résidentielles au-delà de 3 kWc.
Une fois vos panneaux solaires installés et raccordés, trois configurations sont possibles. Chacune implique un fonctionnement différent du compteur Linky.
1. Autoconsommation avec vente du surplus : c’est le mode le plus courant en 2026. Vous consommez d’abord ce que produisent vos panneaux, et le surplus non consommé est automatiquement injecté dans le réseau et racheté par EDF OA à 0,04 €/kWh. Le Linky mesure l’injection avec son index dédié. Un seul compteur suffit. La lettre « P » (producteur) s’affiche sur l’écran du Linky pour signaler ce mode.
2. Autoconsommation totale sans injection : toute l’électricité produite est consommée sur place, rien ne part sur le réseau. Pas de revente, pas de contrat EDF OA. Une CACSI suffit. Ce mode est souvent associé à une batterie de stockage pour éviter toute injection.
3. Vente totale de la production : toute l’électricité produite est revendue, vous continuez à acheter votre consommation au réseau. Dans ce cas, deux compteurs Linky sont nécessaires : un pour la consommation, un installé après l’onduleur pour mesurer la production. Ce deuxième compteur est à votre charge, entre 600 et 1 200 €, et ce mode est de moins en moins choisi depuis la baisse des tarifs de rachat.
| Mode | Nombre de compteurs Linky | Revente possible | Contrat EDF OA |
|---|---|---|---|
| Autoconsommation + vente du surplus | 1 (gratuit) | Oui (surplus) | Oui, 20 ans |
| Autoconsommation totale sans injection | 1 (ou CACSI) | Non | Non |
| Vente totale | 2 (le second payant) | Oui (totalité) | Oui, 20 ans |
C’est ici que beaucoup de propriétaires ont une idée erronée. Le Linky ne mesure pas directement la production de vos panneaux. Il mesure ce que vous consommez depuis le réseau et ce que vous injectez dedans. La production totale de vos panneaux est visible depuis l’application de monitoring de votre onduleur, pas depuis le Linky.
Voici la logique de fonctionnement au quotidien :
En pratique, il est donc plus rentable de consommer un maximum de l’énergie solaire produite au moment où elle l’est. Chaque kWh autoconsommé vous évite d’en acheter un à 0,22 €. Chaque kWh revendu ne vous rapporte que 0,04 €. L’écart est considérable.
En mode autoconsommation avec vente du surplus, deux écrans du Linky vous intéressent directement. Le premier affiche votre index d’injection en kWh : c’est le cumul de l’électricité solaire que vous avez renvoyée sur le réseau depuis la mise en service. Le second affiche la puissance instantanée soutirée. Quand vos panneaux produisent plus que vous ne consommez, l’afficheur indique « 0VA » ou une valeur très faible, signe que le réseau n’est pas sollicité. Ces données sont aussi disponibles en ligne, avec un décalage de 24 heures, sur votre espace client Enedis.
Le compteur Linky est bien plus qu’un simple outil de mesure. Bien utilisé, il devient un levier concret pour augmenter son taux d’autoconsommation et réduire sa facture.
Le principe est simple : plus vous consommez de l’électricité aux heures où vos panneaux produisent, moins vous en achetez au réseau. En France, la production solaire est maximale entre 10h et 15h selon la saison. Programmer le lave-linge, le lave-vaisselle ou le chauffe-eau pendant cette plage horaire permet d’augmenter significativement le taux d’autoconsommation.
Selon les données disponibles, un taux d’autoconsommation de 40 à 70 % est atteignable sans optimisation particulière. Avec une gestion active ou une batterie, certains foyers dépassent 80 à 85 %.
Depuis le 1er août 2025, les foyers qui n’ont toujours pas de compteur Linky et qui ont refusé son installation sont soumis à des frais supplémentaires. Enedis facture une composante fixe de 6,48 € HT tous les deux mois (soit environ 38,88 € par an), à laquelle peuvent s’ajouter des frais de relevé si l’index n’est pas transmis.
Ces frais ne concernent pas les foyers qui n’ont pas encore été équipés pour des raisons techniques ou logistiques. Enedis vise une couverture de 100 % d’ici fin 2026. Si vous avez un projet solaire et que vous n’avez pas encore de Linky, Enedis le remplace gratuitement dans le cadre du raccordement de votre installation photovoltaïque.
Pour les foyers dépendant d’une Entreprise Locale de Distribution (ELD) comme Strasbourg Électricité Réseaux ou Gérédis, le déploiement a pris du retard. Si vous êtes dans ce cas, renseignez-vous directement auprès de votre gestionnaire de réseau local pour connaître les modalités applicables à votre projet solaire.
Les étapes sont claires et largement prises en charge par un installateur certifié RGE. Voici le déroulé habituel.
Pour obtenir un accompagnement complet sur ces démarches et trouver un installateur certifié dans votre région, vous pouvez faire une demande d’accompagnement pour votre projet solaire sur VOLTALIB.
Le compteur Linky n’est pas un obstacle à l’installation de panneaux solaires. C’est l’infrastructure technique qui rend l’autoconsommation possible, la revente du surplus mesurable et la facturation transparente. En 2026, il est pratiquement universel en France et son installation est gratuite dans le cadre d’un projet photovoltaïque.
Ce qu’il faut retenir : choisir l’autoconsommation avec vente du surplus reste la formule la plus rentable, avec un seul compteur Linky et un contrat EDF OA garanti 20 ans. Le suivi de sa production via l’espace Enedis et l’application de l’onduleur permet ensuite d’optimiser les habitudes de consommation et de maximiser les économies, avec un retour sur investissement généralement atteint en 8 à 12 ans.
Pour comparer les installateurs, obtenir des devis et poser toutes vos questions, VOLTALIB vous accompagne à chaque étape de votre projet photovoltaïque.
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